Déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes, M. Bernard Valero, point de presse du 20 avril

Je voudrais maintenant aborder un point qui nous mobilise complètement depuis la semaine dernière. Cette situation, totalement inédite, est la conséquence de l’éruption d’un volcan en Islande ayant créé un nuage de cendres volcaniques et interrompant les transports aériens sur une très large partie de l’Europe, et sur le territoire français en particulier.

Depuis des jours, et sur instructions de Bernard Kouchner, nous sommes mobilisés à la fois ici à Paris mais également sur l’ensemble de notre réseau diplomatique et consulaire. Bernard Kouchner a donné instruction d’être mobilisés et solidaires pour venir porter assistance, conseil, orientation aux quelques 100 000 compatriotes bloqués en raison des difficultés de transports aériens. Ce nombre est élevé puisque nous sommes en période de vacances de printemps. Nos estimations aujourd’hui portent sur environ 85 000 Français bloqués, parmi lesquels 12 000 personnes aux Etats Unis, 3 000 à Montréal, 10 000 en Turquie, 2 000 en Irlande, 3 000 au Maroc, 10 000 en Tunisie, 2 500 à 3 000 en Chine, 4 000 en Israël, 3 000 à l’Ile Maurice, etc…

Sur le terrain, toutes nos ambassades et consulats ont créé, lorsque c’était nécessaire, des centres d’assistance, d’orientation, de conseil, de soutien à nos compatriotes.

Cela veut dire qu’un peu partout, dans des conditions totalement inédites, nous nous sommes efforcés d’aider au mieux nos compatriotes se trouvant dans l’impossibilité de regagner le territoire métropolitain. Concrètement, lorsque c’était nécessaire, nous avons fourni des hébergements d’urgence. Notre ambassade à Séoul, notre consulat général à New York par exemple ont réquisitionné les lycées français de ces villes pour l’hébergement de classes en voyage scolaire. Nous avons également aidé, dans un certain nombre de cas, nos compatriotes à aller vers le médecin référent ou le pharmacien référent que nous avons traditionnellement auprès de tous nos postes consulaires pour des consultations médicales afin d’obtenir, si besoin, les ordonnances et les médicaments nécessaires. Nos postes ont aussi délivré des conseils et des orientations pour aider aux transferts d’argent, ils ont assurés le contact et le relais d’information auprès des voyagistes, auprès des transporteurs, auprès des agences de voyage afin d’aider nos compatriotes à recevoir un minimum d’information et à les conseiller sur les moyens alternatifs de transport lorsque cela était possible.

Cette mobilisation était donc très forte, elle s’est déroulée également sur un autre niveau, celui de toutes les composantes de la présence française à l’étranger. Les associations de Français à l’étranger, les entreprises françaises, les alliances françaises, les établissements scolaires, culturels, des personnes privées, se sont mobilisées pour aider avec les moyens à disposition, en fonction des circonstances locales, des personnes concernées.

Le travail s’est organisé autour du Centre de crise, en premier lieu dans le cadre du travail interministériel mené par les pouvoirs publics français sous la direction du Premier ministre, en second lieu autour du Centre de crise, point de passage et de coordination obligé entre le ministère et l’ensemble de notre réseau, faisant le lien entre les familles en France et leurs proches à l’étranger, faisant remonter l’information de terrain. Ce sont donc des centaines d’agents qui sont sur le pont H24 depuis vendredi dernier.

Quelles sont les décisions qui sont prises pour rapatrier ces 85 000 personnes qui sont aujourd’hui à l’étranger ?

La décision essentielle est la réouverture de l’espace aérien. Tout dépend de l’évolution du nuage de cendres volcaniques. Je comprends qu’aujourd’hui, les autorités compétentes ont déplacé les lignes de vols possibles vers le Nord. Cela devrait permettre un certain nombre de rotations aériennes avec un certain nombre de pays.

Cela dépend donc des couloirs aériens qui pourraient être de nouveau ouverts. Les rapatriements dépendent de la capacité de vol des appareils. Cette dernière est induite par les conditions de sécurité, par l’évolution du positionnement du nuage de cendres volcaniques, par l’analyse des risques en matière de sûreté aérienne. Les pouvoirs publics français sont à ce sujet complètement mobilisés, en liaison avec les transporteurs mais aussi avec nos partenaires européens.

Est-ce qu’on utiliserait les moyens normaux de rapatriement, ou on utilisera d’autres moyens, par exemple des aéroports supplémentaires, ou des avions militaires ?

La mobilisation est totale, il y a encore une réunion interministérielle cette après-midi pour déterminer à la fois les possibilités d’élargir l’espace aérien utilisable, pour voir quelles sont les capacités de transport des compagnies aériennes, et les capacités d’atterrissage et de décollage des avions. On est dans un mouvement de grande mobilisation.

Dernière modification : 21/04/2010

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